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Tout au fond de ma boîte à gants

j’ai retrouvé un vieux griffonné de plan mappy incompréhensible pour aller dans un magasin qui n’existe plus.

Je le garde.

L’amoureux de Luluchatigré est revenu.

Pendant un temps, j’ai bien cru qu’il n’était plus de ce monde. Il avait disparu de la circulation et Luluchatigré se languissait de son absence en dormant toute la journée enroulée dans son pot de fleur, enroulée dans la couette à fleurs et même enroulée sur le tapis rêche du dressing (alors qu’elle contourne ma peau de mouton Ikea comme s’il s’agissait d’une vulgaire flaque d’acide).

Puis un beau jour, l’amoureux de Luluchatigré a réapparu. Il s’est faufilé, svelte et mystérieux, entre les rosiers du jardin, il a bondi sur le muret en faisant voler des pétales de roses sur son passage et il a atterri gracieusement sur la nouvelle terrasse au moment où les oiseaux de la cabane ont entamé You are the first, my last, my everything. Luluchatigré a accouru comme si j’avais planté des côtes de porc à côté de la ciboulette.

Il faut dire que je suis soulagée, parce que j’ai cru que Luluchatigré allait finalement se rabattre sur Barnabé le Gros qui la harcèlait pour obtenir le digicode de la chatière. Alors cette fois, j’ai décidé d’amadouer l’amoureux de Luluchatigré pour qu’il reste à tout jamais. Tous les jours j’essaye de l’attirer en lui disant minouminouminou et en frottant énigmatiquement mes doigts, mais c’est un grand sauvage, rien n’y fait. Pourtant d’habitude ça marche bien avec Luluchatigré, au premier minou elle prend immédiatement son air de tigre du Bengale en venant voir si je suis porteuse d’un morceau de gras de jambon.

C’était dur

mais le Mâle a enfin jeté une éponge à la poubelle. Son cycle de conversion était définitivement terminé : casseroles, poêles, hotte, four, couvercle du compost, chaînes de vélos, puis hara-kiri (litière de Luluchatigré).

Il n’y a vraiment pas de honte

à écouter cette chanson.

(et danser en slip avec Luluchatigré)
(et tournoyer encore et encore)

(le-voua-la-le-jour-qui-se-rêêêêêve)

C‘est un grand jour.

La nouvelle terrasse est enfin terminée. Et Dieu sait que les dernières heures n’ont pas été faciles, parce que j’étais Responsable Seaux de Sable, et j’ai beaucoup râlé contre les mathématiques douteuses du Mâle (« il faut toujours en faire un peu plus que prévu »).

J’hésitais entre deux cuisses de poulet

quand le boucher a attrapé celle de gauche et m’a dit droit dans les yeux :

- moins de gras, plus de fermeté.

Demain, je l’emmène avec moi à la salle de sport.

Il paraît que les ronrons des chats

sont apaisants. C’est absolument vrai. Les ronronflements de Luluchatigré sont l’exacte réplique du vrombissement de mon fauteuil massant chez Dessange.

J’ai fait une insomnie

ai-je dit au Mâle en me levant.

- et moi j’ai dormi à côté de quelqu’un qui a fait une insomnie, m’a-t-il répondu.

Je n’ai pas moufté, mais enfin il fallait bien que je partage mes interrogations nocturnes avec quelqu’un (QUI a décidé qu’un concombre ne se cuisait pas ?).

Je viens de lire dans mon livre sur Napoléon

que Joséphine de Beauharnais avait « un grand aumônier, deux chapelains, deux dames d’honneur, un premier chambellan, un premier écuyer, un intendant, un chevalier d’honneur, quatre dames du palais, cinq chambellans, quatre écuyers, un médecin, un chirurgien, un pharmacien, un maître de chapelle, des musiciens, deux huissiers, six valets de chambre, une lectrice, un guide d’atours et quatre femmes de chambre ».

Et moi je ne peux même pas avoir un aspirateur portatif qui FONCTIONNE.

J’ai acheté un legging-pyjama au Monop à midi

ai-je dit à ma copine-geekette-tatouée.

- c’est un legging auquel tu attribues le rôle de pyjama ? m’a-t-elle répondu.
- non, c’est un legging spécifique pour la nuit, avec un élastique mou. Dormir avec les fesses serrées est ma hantise.
- moi ma hantise, c’est que mes nichons sortent de mon débardeur au moment où je me tourne.
- je ne peux pas dormir en débardeur, j’ai la hantise d’avoir froid aux épaules.
- achète un legging d’épaules.

Je fonce au Monop.