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J’ai enfin revu mon dentiste qui ressemble à Romain Duris.

Il m’a allongé, il a allumé la petite lampe Wall-E au-dessus de nous et il a mis en route l’aspi-salive.

Vous sentez quelque chose ? m’a-t-il dit.

rrrhhnnnhnnn – ai-je répondu.

Et là, je vous fais mal ? a-t-il ajouté.

hhhnnnhnnnnhh – ai-je répondu.

On n’a même plus besoin de se parler pour se comprendre.

C’est au moment où j’ai fermé le robinet de la douche

que j’ai réalisé que ma serviette était au premier étage.

J’ai dû me rendre à l’évidence, on ne peut pas sécher entièrement son corps avec un disque de coton.

Alors j’ai accepté l’inéluctable.

(mais j’ai quand même mis mes chaussons)

Le tout premier piaf s’est posé sur ma cabane à oiseaux,

il a sauté trois fois sur ses pattes, il a fait caca sur le toit et il s’est envolé. Alors c’est décidé, demain je lui sers un carpaccio de graines de tournesol sur une mousseline de maïs et son consommé de vers aux trois épices et si avec ça Cyril Lignac lui-même ne vient pas se poser sur une branche, je monte une yourte à ces satanés piafs et ils n’auront qu’à faire du diabolo en sarouel dans le jardin pour gagner leur croûte.

Quand je pense qu’en été, je fais tomber un noyau d’olive sur la terrasse et cinq mille fourmis viennent assister à la procession, c’est quand même un monde.

Je suis restée coincée dans une faille temporelle chez Casto,

pétrifiée de doutes devant les pots de peinture jaune, entre limoncello, colza, safran, ocre doré, sésame, terre glaise, banana split, sable andalou, jaune printemps et citron frappé. Pourtant tout devait bien se passer, j’avais fait une présélection sur internet, j’avais copié-collé les liens pour le Mâle qui avait voté pour limoncello (je soupçonne une confusion avec un peintre vénitien), mais arrivée chez Casto à midi j’ai fait un crochet par les luminaires, glissé vers les rideaux et dérivé vers les boutons de porte (ils étaient rangés dans des petits bacs comme chez Glups) et tout à coup il était 13h39 alors j’ai foncé au rayon des jaunes afin de m’acquitter de ma mission et là, l’ocre doré ne ressemblait pas à l’ocre doré d’internet, limoncello ressemblait à banana split, sésame et safran m’ont rappelé que je mourrais de faim, j’ai fait un pas inconsidéré vers les verts et j’ai commencé à envisager granny, sauterelle et vert mousse, j’ai songé que vert Pompadour plairait au Mâle, j’ai regardé ma montre, il était 13h59 heure de bureau alors j’ai couru vers les jaunes, avalé ma salive, fermé les yeux, grogné du ventre, choisi jaune colombo (0,5 ou 2,5 L? Mat ou brillant ? JAUNE OU VERT ?) et j’ai fini au mac drive (JAUNE POTATOES OU JAUNE FRITE ?).

Visiblement il y a un très gros problème

dans la stratégie de communication des vétérinaires.
J’ai donné ce fascicule à Luluchatigré et maintenant elle refuse d’admettre sa maladie.

Quand le vétérinaire nous a annoncé

que la petite Luluchatigré avait le diabète du chat, j’ai d’abord cru que ma cachette d’Ovomaltine à tartiner avait été découverte. Puis il a expliqué qu’un chat sur 500 était concerné et qu’une injection d’insuline matin et soir était désormais nécessaire pour que Luluchatigré continue sa vie de chat (attraper des élastiques à cheveux, remonter le canapé en rappel, s’asseoir dans un carton à chaussures et surveiller le pâté en croûte). Me voilà donc officiellement infirmière pour chat. C’est un peu triste mais j’ai ENFIN un argument imparable pour m’acheter des Crocs et maintenant je comprends mieux pourquoi Luluchatigré faisait des siestes de 27 heures au lieu de s’intéresser à la nouvelle cabane à oiseaux (la théorie alternative étant qu’AUCUN piaf n’a encore daigné se poser sur ma cabane). Tous les messages d’encouragement pour Luluchatigré lui seront transmis sur un petit papier roulé en boule avec lequel elle pourra continuer à s’entraîner pour les championnats de France de curling.

The end.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

- tu es sûr que tu veux acheter ce yaourt ? avais-je dit au Mâle.

Le Mâle a acheté un yaourt consigné.

Il a vécu avec nous pendant deux mois.

(je m’étais habituée à sa présence à côté de la poubelle, j’avais mis une petite fleur fanée dedans)

Pour faire des ricocheeeeeeeeets

aussi longtemps qu’elle passera à la radio je serai condamnée à essayer de reconnaître les voix à chaque fois. Cela dit, un peu moins depuis que j’ai compris que ce n’était pas la dernière chanson des enfoirés et que je pouvais cesser de chercher fiévreusement la phrase de Raphael – et inutile de ricaner, j’aime bien les chanteurs vaporeux qui parlent de squelettes dans leurs chansons (hormis le dark métal, mon penchant gothique s’arrête aux chaussettes rayées rouges et noires et au slip d’Edward Cullen).

J’ai bien fait d’acquérir cet iPad

je peux enfin consulter caramail à tout instant (mais le modem ne fait plus de tecktonik quand il se connecte – déception).