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J’ai d’abord tenté de sauver le pin-nain calciné

en lui administrant tout un tas de soins, dont un arrosage à l’eau de Lourdes, un massage du tronc, un brushing d’épines avec ma brosse en poils de sanglier et un nuage de laque Elnett, mais rien n’y fit. Le beau pin-nain est devenu progressivement vert pale, vert gris, gris roux puis jaune sec, j’ai dû le déraciner sous l’œil horrifié d’une famille de pissenlits et le jeter aux déchets verts, comme une vulgaire herbe de tonte.
Quand même. En deux semaines, j’ai perdu un pin-nain, deux tulipes et trois belles feuilles d’hortensia. Ça ne peut plus durer. Demain j’appelle le FBI. Qui sait, on a peut-être à faire au gang des Chenilles Unijambistes de Moscou. L’année dernière, elles ont décimé un Jardiland en une seule nuit, le lendemain matin en rayon il ne restait plus qu’une pince à barbecue et un cactus en plastique.

Que faire avec ce pin-nain calciné ?

ai-je demandé au Mâle avec angoisse. Je ne retrouve plus mes fiches techniques sur les arbustes, je ne sais pas quoi faire, c’est terrible.

- as-tu regardé au-dessus de la machine à laver ? m’a demandé le Mâle.

Je n’ai pas moufté, mais je ne suis pas sûre qu’il faille vraiment rempoter le pin-nain calciné dans la bassine à linge. Cela dit, le Mâle a peut-être des talents de jardinier insoupçonnés. L’autre jour, il a jeté un noyau d’abricot dans un champ.

Un drame est survenu.

L’été dernier, j’avais soigneusement compilé dans une boîte toutes les étiquettes de fleurs et d’arbustes que j’avais plantés, et ce afin d’accéder facilement et en toute occasion aux conseils d’entretien de chaque spécimen en cas de problème : attaque de pucerons, invasion de limaces, mildiou, jaunisse, varicelle, angine de crocus, sciatique de tulipe, etc.

Forcément, le jour où j’ai découvert avec horreur mon pin-nain calciné, j’ai vite couru dans l’atelier chercher cette boîte, et je ne l’ai jamais retrouvée. En plus, je ne sais plus exactement s’il s’agit d’une boîte, d’un sachet, d’une enveloppe, d’un étui à lunettes ou d’un tup. Tout est possible. La dernière fois, je pensais avoir rangé la semoule dans le cellier, je l’ai trouvée un mois plus tard au-dessus de la machine à laver.

(à savoir : une dosette de couscous Tipiak Epices du Monde équivaut à deux dosettes cœur de Soupline)

J’ai longuement hésité

à acheter du TartiTruite à la Biocoop. La dernière fois que j’ai acheté un pantalon parce qu’il s’appelait MoltiMou, le Mâle m’a demandé pourquoi je jardinais en pyjama.

J’ai appelé Nostalgie.

Visiblement, j’aurais commis trois erreurs sur les voix de légende.

C’était Gainsbourg, Adamo et Nicoletta s’étouffant sur un samossa.

Cette fois, j’en suis sûre, j’ai trouvé les trois voix de légende sur Nostalgie.

J’ai bien écouté les trois voix mystère, et cette fois je les ai formellement reconnues.

Il y avait la voix du vendeur du rayon Arbustes de chez Truffaut, la voix de M. Toffee dans Candy Crush et la voix de Christian Constant s’étouffant sur une boulette farcie.

Demain j’appelle Nostalgie.

Impossible

m’a répondu le four. File-moi d’abord 2,21 gigowatts.

Saleté de changement d’heure.

Dédicaces / Chaussette Orpheline

Une petite info de dernière minute ! Je serai jeudi 27 mars à 19h à la Médiathèque Sud d’Illkirch pour assister à la lecture musicale d’Isaka, musicienne et comédienne, dans le cadre du Printemps des Bretelles. Cette lecture musicale se fera autour du prix littéraire "Complètement livres !" pour lequel "Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien" est en course cette année. Ce prix, qui fait la promotion de jeunes auteurs de maisons indépendantes ou émergentes, est un prix national auquel participent seize bibliothèques et médiathèques. La librairie Quai des Brumes de Strasbourg apportera des exemplaires de la Chaussette à cette occasion, alors n’hésitez pas !

En allant au bureau, j’ai vu un forsythia en fleurs.

En allant au sport, j’ai vu un prunus en fleurs et en sortant du bureau, j’ai vu un magnolia en fleurs. Alors en rentrant à la maison, instinctivement je suis passée par le jardin où j’ai jeté un œil à la Grande Tranchée du Mâle (un jour, le Mâle a commencé à creuser une tranchée, à y planter des structures en fer et à cimenter des choses entre elles en marmonnant des psaumes)(rogntudju-de-niveau-à-bulle-rogntudju-de-taloche-rogntudju-faut-que-je-retourne-chez-casto).

Alors je me suis baissée pour arracher un pissenlit qui avait poussé près d’un sac de ciment, mais j’ai tiré sur une feuille qui m’est restée dans les mains. Il fallait laver cet outrage. J’ai cherché ma gouge à asperge dans la cave et j’ai déraciné le pissenlit d’un coup sec. Le mal était fait. Je suis restée deux heures en doudoune et en bottines à exterminer toutes les mauvaises herbes, puis j’ai raccourci les pointes des rosiers, j’ai donné un coup de peigne aux crocus, j’ai fait une coupe à la bruyère, un shampoing à l’azalée, un balayage aux clématites, un Tie and Dye au cognassier du Japon, un peeling aux narcisses, une permanente au camélia et un lissage brésilien aux jacinthes. Cette fois ça y est, le démon de la binette a pris possession de moi.

***

En plus, en ce moment chez Truffaut, pour un bouquet de jonquilles à 2€, 1€ est reversé à l’Institut Curie qui a pour mission la recherche, les soins et l’enseignement au bénéfice des patients touchés par le cancer.

unejonquillepourcurie

Il n’y a pas d’éléphants à Pont-à-Mousson

alors pour faciliter les recherches, j’ai décidé de revoir entièrement mes critères de sélection. Cette fois-ci je mise TOUT sur la légèreté de ma valise, avec une destination me permettant de rentabiliser au maximum mon couteau suisse.

Grande lame, petite lame, tire-bouchons, ouvre-boîtes, petit tournevis, décapsuleur, encoche fil électrique, poinçon alésoir, anneau, pincettes, cure-dents, ciseaux, crochet, scie à bois, écailleur à poisson, dégorgeoir, règle de mesure, lime à ongles, lime à métaux, cure-ongles, scie à métaux, tournevis 2,5 mm, ciseau à bois, serre-cosses, cisaille, loupe, épingle, mini tournevis, chas d’aiguille.

Peut-être en prison.