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See you soon…

Il est temps de faire une petite pause sur le blog, pour cause de jardinage intensif de crocus.

Enfin vous l’aurez compris, pas du vrai jardinage, le jardin et moi sommes entrés depuis bien longtemps dans une relation totalement platonique puisque le moindre bosquet est susceptible d’héberger une souris lépreuse, et aussi parce que le jardin est jonché de dangers insoupçonnés : escaliers mousseux, ronces carnivores, gazon en pente… Depuis que j’ai failli perdre l’équilibre en servant une tisane au fenouil un peu trop brusquement, je dois bien me méfier de ces hyperactifs d’escargots qui sont tout à fait capables de me faire un croche-patte quand je vais au compost.

Et de toute façon, je ne peux plus vraiment me baisser pour ramasser une mauvaise herbe, ce qui constitue pour moi une torture psychologique d’une rare violence.

Bref, je vais tranquillement profiter de mon congé maternité pour me reposer. Pour continuer à avoir quelques nouvelles en image, vous pouvez me suivre sur facebook ou instagram, entre deux siestes j’y mets parfois quelques petites choses.

Vivement le printemps et bisou à tous ! :)

D’abord j’ai cru que c’était la nouvelle couette qui me donnait chaud

et j’ai commencé à traiter de tous les noms chaque plume de cette fichue couette qui m’empêchait de dormir la nuit. Puis j’ai commencé à avoir tout le temps chaud, à vivre en t-shirt et à ouvrir les fenêtres à tout bout de champ, au grand dam du Mâle qui me court après pour refermer les fenêtres et sauver la planète.

– Et les pingouins sur la banquise, tu y penses ? m’a-t-il dit.

Je me suis levée du canapé avec la grâce d’un phoque échoué, j’ai fait trois pas vers lui avec la démarche d’un manchot empereur et j’ai grogné comme un ours polaire.

Le Mâle n’a plus moufté – mais il a quand même refermé la fenêtre (il commençait à neiger sur le canapé).

C’est un petit pas de chausson pour l’homme

mais un grand pas pour la valise de maternité.

moutoncentenaire

La combinaison brassière-bonnet-chaussons-moufles est enfin réunie, et ces curieuses petites moufles anti-griffures me paraissent à la fois toutes petites et immensesEt bien entendu, j’ai tout tricoté moi-même avec la laine peignée d’un mouton centenaire…

En fait, j’ai réussi à dégoter au marché noir une copie de la fameuse liste de « valise de maternité », regroupant tout un tas de matériel et d’accessoires préconisés par mon hôpital. Depuis, toutes mes facultés intellectuelles sont mobilisées dans le but de tout réunir, et ce n’est pas si évident que cela, car certaines lignes sont cryptées selon un code mystérieux, uniquement accessible aux néophytes par le truchement de plusieurs rites initiatiques démoniaques concoctés par d’impitoyables Maîtres du Jeu : sages-femmes beatniks, mères de famille nombreuse militantes et autres modérateurs de forums internet dédiés aux bonnets de naissance.

Bon, pour le tricotage je plaisantais, malheureusement mes dons de tricoteuse se bornent encore à la confection d’un scoubidou de pâtes dans mon assiette de carbonaras.

Toutefois, je connais bel et bien un mouton centenaire, il vit en ermite dans une montagne exotique dont je tairai le nom, et soigne son arthrose en buvant du genépi.

J’ai remarqué que ma dernière heure d’éveil conditionnait toute mon activité nocturne.

Par exemple l’autre jour, je me suis endormie après avoir commencé à relire le Chien des Baskerville. Et bien j’ai passé une partie de la nuit à revivre en boucle la première conversation entre Sherlock Holmes et Watson, celle où ils examinent à la loupe la canne du Docteur Mortimer, jusqu’à ce que je me réveille enfin en réalisant que pour ma part, je n’avais rien de spécial à résoudre cette nuit, si ce n’est le mystère du parquet grinçant de 3h22 (mais ça on sait qui c’est, c’est Luluchatigré qui saute lourdement de son pouf pour se rapprocher du poêle à bois).

Si je m’endors après avoir lu un chapitre du Trône de Fer, je vois défiler des coupes de vin aux épices et au miel et je marche le long du Mur pour trouver la porte de la maternité.

Si je m’endors après avoir compté ma pré pile de pyjamas bébé, je farfouille indéfiniment dans un grand tiroir à grenouillères, sans jamais réussir à les replier vraiment convenablement (une mission pour Sheldon Cooper ?).

Après avoir regardé Saint-Laurent, Gaspard Ulliel m’a cousu une gigoteuse jusqu’à cinq heures du matin (nu, bien entendu).

Après avoir regardé Top Chef, j’ai aidé Jean-François Piège à râper dix kilos de choux-fleur graffiti pour garnir un doudou géant en forme d’aubergine.

Après avoir regardé Band of Brothers, j’ai aidé un soldat à creuser une tranchée pour nous prémunir des attaques furtives de coussinets d’allaitement (entre temps j’avais aussi lu une documentation fournie par ma maternité).

Bref, ma dernière heure d’éveil conditionne toute mon activité nocturne. Et encore, si en plus je bois un verre de lait au banania avant de me coucher, je fais carrément un voyage chamanique, qui se termine généralement par l’achat d’un lot de bodys en soldes vers six heures du matin.

Enfin, la poussette.

Après m’être noyée dans une documentation ultra fournie relative au choix de la poussette idéale, nous avons finalement fait l’acquisition d’une machine de guerre qui est désormais garée dans l’entrée en attendant son heure de gloire. Avec le Mâle nous l’avons clipsée et déclipsée dans tous les sens pour être bien sûrs de comprendre son fonctionnement, et Luluchatigré a été désignée volontaire pour un prochain crash test. Parfois je me lève la nuit pour aller la regarder. Jamais objet plus compacte, transformable et technologique n’avait franchi le seuil de la maison auparavant, sauf peut-être le jour où j’avais acheté cette valise à neuf euros dans un magasin de nouilles chinoises. Mais a priori, la poussette devrait tenir un peu plus longtemps que la valise, qui a rapidement fini sa vie dans une déchetterie barcelonaise (elle a perdu deux roues entre la Plaza Catalunya et le Passeig de Gracia à cause d’un trottoir qui s’était interposé entre moi et des beignets de chez Dunkin’Donuts).

Chouette, je peux désormais effacer de ma mémoire vive l’ensemble des données de la matrice « Poussette » et ses équations différentielles à treize inconnues (roues, pneus, châssis, suspensions, poids, nacelle, cosy, poulie, gyrophare, moustiquaire, garde-manger, bouilloire, cocotte Staub). Il faut dire que la matrice-pieuvre comprenait tout un tas de synthèses de catalogues, de blogs et de vidéos de démonstration, sans oublier les conseils suspects de divers individus altermondialistes ET le compte-rendu de ma filature d’un couple de touristes dans la rue, que j’ai repéré un soir à la sortie d’une pizzeria et que je n’ai plus lâché jusqu’au parking (je ne pouvais pas les lâcher, ils étaient en possession d’une poussette chaudement recommandée par au moins trois de mes FOICP)(Fournisseurs Officiels d’Informations Crédibles relatives à la Puériculture).

ps : la vendeuse du magasin n’en fait pas partie, je m’en suis rendue compte lorsqu’elle nous a dit que tout était kif-kif.

 

J’ai actuellement la capacité de concentration d’un radis noir

et la vivacité intellectuelle d’un haricot blanc. Il paraît que c’est lié à la grossesse, mais sans doute aussi aux multiples virus surentraînés qui ont pris possession de mon cortex depuis plus de dix jours. C’est bien simple, j’ai le lobe frontal paralysé par une sinusite aigüe, le lobe pariétal paralysé par une bronchite bien grasse, le lobe temporal paralysé par une actualité bien triste et le lobe occipital paralysé par l’effroyable constatation que depuis hier, je ne sens même plus le goût des Laitières au chocolat (j’ai même dû en donner une au Mâle). Dans ces conditions, j’ai décidé de laisser quelques images parler pour moi, parce que moi de toute façon quand je parle, personne ne comprend plus rien (c’est parce que je me mouche en même temps).

C’est ainsi donc que tout a commencé, à Noël, lors d’un épisode gastrique qui m’a laissée aussi à plat que cette tranche de Leerdammer. J’ai mangé beaucoup de riz.

Malgré tout, hop, un collant pailleté et une boule de Noël pour le crocus : je passe le casting du meilleur déguisement de hotte du père Noël. Je ne mange pas vraiment mais au moins je brille et je fais « ding ding ».

Nouvel an ! J’étais préposée à la constitution d’un plateau de fromages pour une soirée placée sous le signe du « Festillant », en présence de quatre femmes enceintes. J’avais donc employé les grands moyens pour éviter toute confusion entre les fromages au lait cru et ceux au lait pasteurisé (référence télévisuelle inside)(mais si, allons). Là, ça allait un peu mieux. Pour preuve, j’ai dû manger la moitié de cette fourme d’Ambert.

Mais faisons un peu le point sur les maux de la grossesse. Incroyable, mais les nausées ont fini par disparaître lentement, après le quatrième mois. Bizarrement, j’ai tout de même gardé une certaine aversion de l’eau gazeuse et des nouilles chinoises instantanées. Peut-être parce que l’association des deux, mangée par une nuit de pleine lune, peut provoquer une tornade dans le canton de Neufchâtel (c’est prouvé).

Mes deux compagnons collants et huileux depuis six mois. Ha ! Je vois venir l’intarissable débat sur l’utilité des crèmes contre les vergetures, mais par respect pour le canton de Neufchâtel récemment touché par une tornade, je resterai neutre. Sinon après on va tous se casser la binette et Luluchatigré va fuguer. Elle n’aime pas les conflits. Sauf quand un matou la traite d’inculte (elle confond toujours Poutine avec une musaraigne).

Victoire ! Pour l’instant, pas de vilaines brûlures d’estomac. Je pense qu’après quatre mois de nausées, mon corps a souhaité exprimer une certaine solidarité avec mon bien être psychique. C’est peut-être aussi parce que je bois mes crèmes anti-vergetures.

Alors là par contre, je confirme. L’autre jour j’ai cherché mes chaussons à l’étage, j’ai failli me faire hélitreuiller à mi-parcours.

Je confirme. L’autre jour devant le frigo, le Mâle me parlait des mécanismes monétaires à l’origine des agrégats harmonisés de la zone euro, j’ai commencé à voir tout flou (sauf le frigo).

Je confirme. J’ai ouvert le frigo, il n’y avait plus de Laitère au chocolat, le monde a comme vacillé sous mes pieds.

Alors là c’est carrément l’apocalypse, mes nuits sont trouées comme une tranche de Leerdammer. Mon sommeil est constamment troublé par des stimuli malfaisants divers et variés : gorge qui sèche, lèvres qui gercent, nez qui mouche, culotte qui serre, chat qui miaule, vessie qui presse, jambes qui s’impatientent, estomac qui grogne… Une féroce activité nocturne. En période de sinusite, comptez également un changement de quatre à cinq t-shirts par nuit (à ce stade, j’ai carrément installé un lavoir directement au pied du lit pour y battre mon linge avec une petite pelle en bois). Par contre, lorsque c’est le crocus qui m’empêche de dormir parce qu’il fait sa gym, là ça ne me dérange pas. J’en profite pour lui envoyer des bisous et jouer en douce à Wordfeud (venez jouer avec moi, je suis très active entre 2h et 4h du matin).

Emotive ? Oui, peut-être, lorsque j’ai demandé au médecin si ça pouvait être la peste bubonique.

Oui, je dois bien avouer que j’ai la mémoire vive d’une feuille de menthe. Cela dit, je n’oublie jamais de répéter au Mâle vingt-quatre fois par jour qu’il faudrait finir de monter les meubles dans la chambre du crocus. Il me dit qu’il le fera, mais bizarrement je ne m’en souviens jamais.

Entre deux quintes de toux et deux mouchoirs, je bûche.

Apparemment le Mâle aussi, à sa façon… :)

C’était la semaine du Blanc

alors je me suis rendue chez Carré Blanc pour acquérir une immense couette blanche en duvet blanc, deux oreillers blancs bien gonflés, une nouvelle housse de couette et deux taies d’oreiller toutes blanches. L’objectif de cette mission : mettre fin à la joute nocturne m’opposant régulièrement au Mâle pour la prise de possession d’une couette d’été visiblement trop petite de partout, qui laissait s’échapper chaque nuit ou un pied, ou une épaule ou un rein férocement soumis à la rigueur climatique du grand Est, surtout quand le poêle à bois s’éteint vilement à trois heures du matin malgré mes rondes nocturnes répétées (depuis que je fais pipi quatre fois par nuit, je suis préposée Bois).

En sortant de Carré blanc, je me sentais comme le bonhomme Michelin, toute enveloppée de gros paquets de duvets blancs, et j’ai traversé Monop’ telle une oie sauvage pour me rendre au parking souterrain tout en prenant le soin d’acheter au passage une nouvelle brassière blanche dont la décence m’empêche de communiquer la taille (mais on peut aisément pêcher le mérou géant des tropiques avec, je la garde donc pour Moundir).

En rentrant à la maison, le Mâle et moi avons installé toutes ces nouveautés en suivant une périlleuse gymnastique rythmique (une couette 240×260 a tôt fait de vous prendre au piège pour vous étouffer tel le boa constrictor ou un sac de couchage à zipette cassée), puis nous avons sauté avec délectation dans tout ce grand blanc.

– J’ai l’impression d’être Nicolas Vanier, c’est merveilleux, ai-je dit au Mâle.

– J’ai l’impression d’être un pontonnier napoléonien de la Bérézina, c’est merveilleux, m’a-til répondu.

C’était la semaine du Blanc.

Au cours de la deuxième échographie

j’avais le cœur qui battait si fort que j’ai fait tomber ma carte vitale dans une plante verte et j’ai vouvoyé le porte-manteau de la salle d’attente. Le Mâle a bien rigolé. N’empêche. Après que l’échographe nous ait annoncé qu’il ne s’agissait pas d’un crocus mais d’une crocussinette, il a fendu trois stères de bois en deux heures et au journal de vingt heures, il a confondu le premier ministre avec un joueur de cricket canadien.

Très bonne année à tous et à toutes ! Merci pour toutes vos attentions et vos commentaires, que je lis toujours en gloussant sous cape… ;)

Un petit lutin de Noël m’a apporté une gastro-entérite

alors j’ai déménagé provisoirement sur le canapé où j’ai perdu deux kilos au cours d’une nuit apocalyptique sous l’œil curieux de Luluchatigré. Heureusement, j’ai quand même pris le coussin Big Flopsy avec moi, je lui ai mis un t-shirt du Mâle et je l’ai serré très fort.
Bénis soient le Big Flopsy et les bols de riz.
Joyeux Noël à tous ! Bisous ;)

J’ai investi dans un coussin de maternité dénommé Big Flopsy.

C’est un gros coussin très long, rempli de petites billes, qui se plie en U comme une banane molle. Tout le monde m’a dit qu’il était absolument indispensable, mais pour l’instant il est un peu inquiétant, je l’ai pris en blanc, alors il me fait un peu penser au gros ver que Moundir a mangé dans Koh Lanta.